IA et expertise sinistres : chiffrage, lettres, conformité

Devis, chiffrage, pertes d'exploitation, lettres d'accord : ce que l'IA change pour vos experts, et le cadre AI Act, EIOPA et RGPD à respecter.

En bref. Dans l’assurance et l’expertise sinistres, l’IA générative fait gagner du temps sur ce qui pèse lourd dans un dossier : lire les devis, chiffrer, rédiger les lettres et mettre en forme les rapports. Elle ne remplace pas l’expert, qui garde la décision et la signature. Le cadre est déjà posé : règlement européen sur l’IA, avis de l’EIOPA de 2025, RGPD. Un cabinet d’expertise en sinistres l’a intégrée à son travail quotidien ; voici ce que vous pouvez en retenir.

Où l’IA aide-t-elle concrètement un expert ou un gestionnaire sinistres ?

Un dossier de sinistre mobilise beaucoup de lecture et de ressaisie avant le moindre arbitrage technique. C’est là que l’IA est utile.

  • Lecture des devis : extraire les postes, les quantités, les prix unitaires et repérer les doublons ou les postes hors garantie.
  • Chiffrage : reprendre les postes dans votre trame de chiffrage, appliquer la vétusté selon vos règles, recalculer les totaux.
  • Pertes d’exploitation : préparer les tableaux à partir des comptes fournis par l’assuré, avant la vérification de l’expert.
  • Lettres : rédiger les lettres d’accord, les demandes de pièces et les courriers de contestation à partir de vos modèles.
  • Mise en forme : présenter un devis ou un rapport dans la charte du cabinet, sans tout reprendre à la main.

Dans chaque cas, l’outil produit un premier jet. L’expert contrôle les montants, la cohérence avec le contrat et la conformité aux usages de la profession.

Qu’a mis en place un cabinet d’expertise en sinistres ?

Nous avons accompagné un cabinet d’expertise en sinistres dans l’intégration de l’IA à son travail de chiffrage. L’équipe travaille dans un espace Claude partagé, où sont réunis ses modèles, ses trames et ses consignes.

  • Le chiffrage des dommages se prépare à partir des devis des entreprises.
  • Le calcul des pertes d’exploitation s’appuie sur les tableaux Excel du cabinet.
  • Les lettres d’accord sont rédigées à partir des éléments du dossier.
  • Les devis sont remis en forme selon une présentation commune.

Ce qui a changé, c’est l’organisation : les mêmes consignes servent à toute l’équipe, et chaque document part d’une base cohérente au lieu d’une page blanche. Le gain de temps n’a pas encore été mesuré : nous préférons ne pas avancer de chiffre tant qu’un relevé avant et après n’existe pas. C’est d’ailleurs la première recommandation à retenir : mesurez votre temps de référence avant de déployer.

Le détail de cette mission : notre cas client en expertise en sinistres.

Quelles règles s’appliquent à l’IA dans l’assurance ?

Le règlement européen sur l’IA

Le règlement européen sur l’IA est entré en vigueur le 1er août 2024. Il classe parmi les usages à haut risque l’évaluation des risques et la tarification en assurance vie et en assurance maladie, comme l’a rappelé l’ACPR dans sa revue de juillet 2024. Ces systèmes doivent respecter des exigences de qualité des données, de transparence et de contrôle humain. L’ACPR est désignée comme autorité de contrôle pour le secteur financier.

Depuis le 2 février 2025, l’obligation de maîtrise de l’IA s’applique à toute organisation qui utilise l’IA : votre personnel doit avoir un niveau suffisant de compétences. Selon la Commission européenne, le texte est applicable depuis le 2 août 2026, avec des exceptions, et certaines règles sur le haut risque ont été reportées au 2 décembre 2027.

L’avis de l’EIOPA

Le 6 août 2025, l’EIOPA a publié un avis sur la gouvernance et la gestion des risques liés à l’IA. Il ne crée pas de nouvelle obligation : il précise comment la directive sur la distribution d’assurances et Solvabilité II s’appliquent aux systèmes d’IA qui ne sont ni interdits ni à haut risque. Il insiste sur une approche proportionnée au risque, la traçabilité, l’équité, la cybersécurité, l’explicabilité et le contrôle humain.

Les données des assurés

Un dossier de sinistre contient des données personnelles, parfois de santé. La CNIL recommande de fixer les usages permis et interdits, de vérifier si le fournisseur réutilise les données saisies et de former les utilisateurs. En pratique : anonymisez avant de saisir, utilisez une offre professionnelle, et écrivez ces règles noir sur blanc.

Comment garder la maîtrise de vos chiffrages ?

  1. Le contrôle humain à chaque étape : l’expert valide chaque montant et chaque lettre avant envoi.
  2. Des consignes partagées : une seule bibliothèque de consignes pour toute l’équipe, tenue à jour.
  3. Des trames fixes : l’IA remplit vos modèles, elle ne les invente pas.
  4. Une traçabilité : vous savez quel document a été préparé avec l’IA et qui l’a validé.
  5. Une mesure : temps moyen par dossier avant, puis à 3 mois.

Par où commencer dans votre cabinet ou votre service sinistres ?

Choisissez un type de document répétitif et à faible risque, comme la lettre de demande de pièces ou la mise en forme d’un devis. Mesurez le temps qu’il prend aujourd’hui. Construisez la consigne et le modèle avec les personnes qui le produisent. Formez l’équipe, puis élargissez au chiffrage une fois la méthode installée.

Questions fréquentes

L’IA peut-elle chiffrer un sinistre seule ?

Non. Elle prépare un chiffrage à partir des devis et de vos trames, mais l’expert vérifie les postes, les quantités, la vétusté et l’application du contrat. La responsabilité reste la sienne.

Un cabinet d’expertise est-il concerné par le règlement européen sur l’IA ?

Oui, au moins pour l’obligation de maîtrise de l’IA, applicable depuis le 2 février 2025 à toute organisation qui utilise l’IA. Les exigences renforcées visent les usages à haut risque, comme la tarification en assurance vie et maladie.

Peut-on saisir les données d’un assuré dans un outil d’IA ?

Seulement dans un outil dont l’hébergement et les conditions d’usage des données sont vérifiés, et de préférence après anonymisation. Les données de santé demandent une prudence particulière.

Passer à l’action

Sources

  • Commission européenne, « AI Act », page Regulatory framework for AI, calendrier d’application, consultée le 2 novembre 2026 : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai
  • ACPR, « Intelligence artificielle : quel impact à l’ACPR ? », Revue de l’ACPR, juillet 2024 : https://acpr.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/20240705_revue_acpr_ia.pdf
  • EIOPA, « EIOPA publishes Opinion on AI governance and risk management », 6 août 2025 : https://www.eiopa.europa.eu/eiopa-publishes-opinion-ai-governance-and-risk-management-2025-08-06_en
  • CNIL, « Comment déployer une IA générative ? La CNIL apporte de premières précisions », 18 juillet 2024 : https://cnil.fr/fr/node/165993

Et dans votre organisation, par où commencer ?

Nous vous proposons un premier échange gratuit, par téléphone ou en visioconférence. Nous regardons ensemble vos activités, vos outils et vos priorités, puis nous identifions deux ou trois usages de l’IA qui peuvent vous faire gagner du temps rapidement. Sans engagement.

Vous préférez commencer seul ? Faites notre autodiagnostic de maturité IA en 5 étapes.

La lettre Pionarius

L'IA en entreprise, sans jargon, dans votre boîte mail

À chaque nouvel article : ce qui change, ce qui marche vraiment et ce qu’il faut éviter, avec des exemples concrets.

Un e-mail par nouvel article, pas de spam. Désinscription en un clic. Vos données restent chez Pionarius, voir notre politique de confidentialité.